En 2007, Laurence Moletta termine son cursus de composition de musique électroacoustique à Lyon et part pour la Belgique. Elle se forme aux arts numériques au Centre des Ecritures Contemporaines Numérique de Mons.  En parallèle elle donne quelques concerts pour voix seule et dispositif électroacoustique.

Lasse de l’immobilité imposée par l’ordinateur, lors de ses lives, Laurence cherche une solution pour être plus mobile sur scène, tout en gardant le contrôle de son ordinateur. Elle s’associe avec une équipe de chercheurs de la Faculté Polytechnique de Mons et intègre en tant qu’artiste associée le programme de recherche « numédiart ».

 

Ensemble ils réfléchissent sur la possibilité de créer un prototype de gants capteurs capables de piloter à distance son logiciel de traitement sonore transformant ainsi grâce à une gestuelle codifiée le son de sa voix en live. Ce dispositif prendra le nom de « BIODIVA ».  Afin de financer son projet, elle obtient une subvention de la Fédération Wallonie-Bruxelles section Arts Numériques. BIO DIVA sera réalisée en collaboration avec le programmeur Alexis BOILLEY dans sa première version, puis relayé par l’équipe d’INTERFACE Z.

 

Durant cette phase de recherche, Laurence explore différentes possibilités de captation du geste avant que son choix ne s’arrête définitivement sur les gants capteurs.

Elle détourne des Wiimotes qu’elle utilise lors de ses lives pour moduler le son de sa voix.  Avec ce dispositif elle crée « Sensitive » un concert audiovisuel pour voix et composition électroacoustique en collaboration avec le vidéaste et plasticien Cédric DUMETZ, un projet qui les conduira jusqu’au Festival des arts numériques et multimédia de Bamako au Mali, où elle proposera en plus de ses lives, des workshops MAO et Vidéo. Un projet financé par l’Organisation Mondiale de la Francophonie.

Le dispositif de Laurence Moletta est né d'une idée et non d'une illustration technique : c'est un instrument de composition en temps réel élaboré autour de gestes instrumentaux et conçu pour moduler la voix et non la remplacer.

La démarche de cette artiste n'était pas de créer une interface homme-machine générique mais un instrument organique liant gestuelle, chorégraphie et production vocale.

 

La technique est chez elle au service de l'émotion. Les gants interactifs dans ses spectacles sont perceptibles par le public, le rapport de cause à effet entre les gestes et le son est lisible. Au-delà néanmoins, ce rapport évident s'oublie et n'empiète pas sur l'interprétation, sur les émotions qui se dégagent de ses compositions, sur la narration de ses spectacles.

 

Maîtrisées et mûries, les techniques d'interactivité se fondent dans l'écriture poétique. La création de cette lutherie numérique lui ouvre ainsi les portes d'un travail pluridisciplinaire. L'espace, le corps, le son sont ses nouveaux terrains d'expérimentation.

Avec ses gants, elle participe en tant que chanteuse et compositrice live à des performances telle que « Astéroïde » de Valérie

CORDY, « Dadadata » de Damien BOURNIQUEL ne produit pas les Pépinières Européennes et Transcultures.

 

Elle compose et joue en direct pour des pièces de théâtre expérimental comme « House home » dans le cadre du New Group Projet produit par l'Institut International de Théâtre en Chine en 2011. « Madame Wo » de Stéphane OERTLI en 2013.  Park in Progress # 11 et 12 chez Pépinières Européennes Jeunes Artiste, elle collabore avec la Compagnie de Danse contemporaine italienne Lub-Elabe, sur « Humus » à Chypre; puis avec les chorégraphes Ange NDOHO et Sebastian BELMAR à la Maison de l’Arbre à Montreuil.

 

Elle collabore dans deux projets de théâtre à distance utilisant la télé présence, « Angry Women » d'Annie ABRAHAMS et « TranSAT contamine » un collectif créé pour l'occasion avec Alexandre QUESSY, Michal SETA, Valérie CORDY produit par la Société des Arts Technologiques de Montréal et Transcultures en 2011.

 

Elle compose la musique du film-performance « Ne cherchez plus mon cœur, les bêtes l'ont mangé » réalisé par le Collectif RE:c en 2013, du court métrage « Ombre et lumière » réalisé par Alexandra RICE en 2012.

 

En 2016, Laurence MOLETTA crée Le couloir des pas perdus un spectacle pluridisciplinaire mêlant musique théâtre et vidéo en collaboration avec Stéphane OERTLI pour l’écriture des textes du spectacle et Stéphane BROC pour la création vidéo.

 

Un seul en scène qui s’est construit autour de récits de naissances, que Laurence a mis en voix, chanté, parlé. Un spectacle coproduit par la Fabrique de Théâtre et la Province du Hainaut, soutenu par les Pépinières Européennes Jeunes Artistes, La Fédération Wallonie Bruxelles section arts numériques et l’Organisation Mondiale de la Francophonie.

 

En 2018, Laurence crée un autre seul en scène, NOZA ORUS, un concert de musiques vocales improvisées et imagées.

En collaboration avec la photographe et dessinatrice Z-CHIRI elles élaborent un univers où musique et images se croisent avec comme point commun des histoires imaginaires, des personnages fantasmagoriques, des créatures étranges, des formes évanescentes qui discutent, interpellent, murmurent à proximité de l'auditeur. Un rapprochement fragile se fait, de l'ordre de l'intime.

 

NOZA ORUS a fait l’objet d’un enregistrement audio dans le but de réaliser un album. Un projet soutenu et financé par un crowdfunding sur la plateforme ULULE